D'où viennent les Orunugu du Gabon

Implantés probablement depuis la fin du XVe siècle sur le littoral et dans le delta de l'Ogooué dans la région de Port-Gentil, ils participèrent activement, comme d'autres peuples côtiers, à la traite des esclaves avec les Européens. Certains de leurs chefs ont laissé un souvenir comme Ndongo (ou Réto-Ndongo) qui guida son peuple vers l'océan avec l'aide d'un guide Pygmée, Bèndjè, Rénwombi-Mpolo « le Grand », le plus puissant des chefs Orungu, Rogombé « le Batailleur », dit Passol, qui guerroyait contre les Nkomi vers 1840. Ombango, dénommé roi Pascal par les Européens, accueillit l'explorateur Paul Belloni Du Chaillu en 1856. Le chef Nyanguényona négocia la cession de l'île Mandji (site de Port-Gentil) aux Français en 1873. Rebela, dernier chef de cette lignée, mourut en 1932.

D'après la tradition orale, au cours de leur migration depuis l'intérieur du pays, les Orungu vont cohabiter avec d'autres ethnies, notamment les Pygmées qui seront leurs guides. Bèndjè était le "grand docteur" pygmée1 qui guida les Orungu jusqu'à la mer, d'où le nom qui désigne celle-ci : Eliwa Bèndjè, c'est à dire, le lac de Bèndjè2. Il est probable que les Orungu atteignirent la côte vers la fin du XVe siècle. Au cours de leur migration ils vont changer plusieurs fois de nom : à l'origine Ombèkè Mombè, ils s'auto-nommèrent après leur victoire sur les Adjumba Dondo (du verbe -dondwa : s'élever), puis furent nommer Orungu (c'est à dire, ceux qui tiennent des conciliabules). Ils trouveront donc des Pygmées sur la côte, et également des Adjumba (clan mpongwè) que les Mitshogo et les Kombe avaient précédé (Ayaminè-Anguilet, 2004 : 54). Les Kombe ou les Adjumba, depuis plus longtemps sur la côte et qui avaient depuis longtemps maîtrisé les techniques de navigation les transmirent aux Orungu. Ils reprirent cependant leur migration par la mer, vers le Nord (Guinée équatoriale) pour fuir leurs voisins Orungu trop belliqueux (Ayaminè-Anguilet, 2004 : 54). Idem pour les Adjumba qui après avoir perdu la guerre Orungu-Adjumba, se réfugièrent dans la région de Lambaréné.

© Mandji.net

 
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