Voyages des navigateurs vers OTAMBO NGOLE ( Fernan - Vaz)

La navigation vers Omboué

Ce matin-là, les premiers rayons de soleil percent avec quelques difficultés. Le climat est humide et chaud. L’équipage effectue les dernières vérifications au port de Port-Gentil( capitale économique). L’océan est calme dans son bras entrant entre l’Ogoué et la terre de Port-Gentil. Il arrive que cette zone génère des vagues de deux à trois mètres rendant la traversée impossible ou périlleuse:
(Ozo wi mbwa :: Ozomb'wa).

C’est le départ, le canot s’arrache du quai et entreprend la traversée du bras de l’océan (Ozomboua) pour se diriger directement vers les eaux calmes en cette saison de l’Ogoué.

Après une vingtaine de minutes de traversée, ils atteignent l’Ogoué et débutent leur descente vers Nandipo.

Après une demi-heure de navigation descendant sur L’Ogoué, celui-ci prend la direction de Lambaréné. Dans les faits, l’Ogoué descend des hauts plateaux du Haute-Ogoué. Il traverse cinq provinces du Gabon. Il passe par Lambaréné, sa dernière escale avant de se jeter à Port-Gentil dans l’Océan Atlantique.

Protégé par l’immensité de la forêt, le fleuve Ogoué donne libre court à son génie créatif, à travers des sols calcaires et des reliefs capricieux, pour enfanter une multitude lacs.

Après avoir laissé derrière eux, le grand et majestueux fleuve Ogoué, ils passent devant le petit village d’Adowewenga et entrent dans la rivière Etoulongwe y Soko, l’un des nombreux affluents de l’Ogoué.

Lorsqu’ils rentrent dans la rivière Ogololè, sinueuse dans son prolongement, des arbres morts aux racines profondes dessinent des contours envoûtants alors que le silence est seulement perturbé par le clapotis de l’eau contre le canot à moteur.

Puis, ils continuent leur descente par la rivière Ogololè, qui se déverse dans une plus grande rivière Ompolune, ouvrant le chemin du Fernan-Vaz.

La Terre des lions est au loin. La lumière rasant offre des contrastes dans la végétation luxuriante qui longent les berges des rivières. Le canot fend à vive allure les eaux calmes de l’Ogoué et de ses affluents. Les eaux sont encore hautes. La saison sèche n’est pas encore installée. Les arbres aux cimes inaccessibles assistent au spectacle immuable durant lequel l’harmonie de la nature s’exprime sans entrave.

Protégé par l’immensité de la forêt équatoriale, les animaux viennent s’abreuver sur les berges des rivières. Les oiseaux perchés au sommet, scrutent la rivière d’un œil malin.

On aperçoit des vautours qui planent dans les hauteurs au ras des cimes des arbres.

Après deux heures de navigations, nous entrons dans la lagune du fernan-vaz. Une brise douce et fraîche souffle.

Localisation du Fernan-Vaz

La lagune du Fernan-Vaz est reliée à l’Ogoué par trois bretelles fluviales associées, les rivières Adolé, Agoulè et Poulounié. Cette dernière se jette dans l’Ogololè qui rejoint l’Animba, le bras sud de l’Ogoué en son delta.

La lagune du Fernan-vaz est par ailleurs le débouché de cours d’eaux dont le plus important est le Rembo Nkomi qui descend des montagnes bordant à l’Ouest la plaine de la Ngounié ; dans ses sinuosités, elle est également proche du rivage de l’océan, mais aussi, au Sud-Est, de la lagune Iguéla s’ouvrant en dessous de la pointe Sainte Cathérine, tandis qu’au Nord-Est elle voisine avec le lac Anengué dépendant de l’Ogoué.

Le long de l’océan, à quelques kilomètres du rivage, s’étirent l’Ikando qui rejoint l’Animba à l’embouchure du Fernan-Vaz, puis la lagune elle-même, créant ainsi une voie d’eau parallèle à l’océan, et ininterrompue.

La lagune du Fernan-Vaz ou la lagune Nkomi, remontée de son embouchure jusqu’au point où elle s’infléchit définitivement vers l’intérieur, fait suivre le littoral sur une soixantaine de kilomètres ; le cordon sablonneux qui les sépare n’atteint pas dix kilomètres dans sa plus grande largeur, à hauteur d’Omboué.

Au Nord-Ouest, le bras de la Ntchonga, Ntchingé pénètre profondément à l’intérieur des terres en se retrécissant progressivement après avoir contourné l’île Hédé, l’une des plus importantes de la lagune par sa superficie. Après un parcours de 25 kilomètres environ à l’intérieur des terres, son extrémité se trouve légèrement plus proche de la rive Sud-Est du lac Anengué que du centre approximatif du bassin lagunaire, au voisinage d’Omboué. La Ntchonga, Ntchingé est le débouché de cours d’eau d’assez peu d’importance, dont le plus remarquable est, au levant, le Rembo Koto.

Au Sud-Est, le Fernan-vaz s’étale en une voie d’une magnifique ampleur dans laquelle vient se jeter, à une trentaine de kilomètres de la rive proche de l’océan, le Rembo Nkomi qui a serpenté entre les hautes terres de l’intérieur.

Tout autour du bassin, l’élargissant ça et là, deux criques aux contours très découpés comme ceux de la crique « Ezéné z’arongué » au Sud-Ouest, qui ne se trouve qu’à trois kilomètres de l’océan, ou larges et réguliers comme la crique Mpivié, plus à l’Est, dans laquelle débouche la rivière du même nom, toute proche d’Iguéla, et dans la vaste crique Aséwé, à l’opposé, qui englobe l’île la plus étendue de la lagune, Nengué sika.

©nandipo.com

 
ads