Histoire de LAMBARENE
Lambaréné, la perle de l'Ogooué comme certains l'appelèrent autrefois, est une ville aux multiples atouts. Son histoire qui débute bien avant que la petite citée ne fût bâtie, est en grande partie un fragment de l'histoire des migrations Bantoues.
Autrefois, seules les populations pygmées et peut-être Akélés, peu nombreuses, se partageaient la région. L'arrivée aux alentours du XVI éme siècle des populations Galoas, Enèngas et Adjoumbas, etnies appartenant au groupe "Omyènè" qui s'éparpillent dans le delta inérieur du fleuve, modifie les rapports de force dans la région. L'histoire de la migration Galwa nous a été contée par le pasteur Ogoula Mbeye et reprise plus tard par l'écrivain P. V. Pounah "Galwa et Edongo d'antan."
Tout au long des décades qui suivent leur installation Galoas, Enèngas et Adjoumbas quand ils ne se battent pas entre eux, combatent par intermitence les populations voisines, Akélés, Eshiras et parfois Pounou, pour marquer leur territoire et surtout pour le controle des routes commerciales, en l'occurence le fleuve Ogooué et ses différentes ramifications, fleuves, rivières ou lacs. La traite négrière en faisant son apparition, va exacerber les appétits, et bientôt, là où l'esclavage, utilisé localement à des fins domestiques où pour agrandir son clan, était parfois le butin d'une bataille, on va se mettre à lancer des expéditions guerrières contre les ethnies voisines dans le simple but de se procurer des esclaves pour la traite.

A la fin du XIXème, à l'aube de de la colonisation, Nkomb'Ademba, le roi soleil, roi des Galoas et des Enèngas émerge comme le pouvoir fort de la région. On le dit rusé et fin politique, et il installe son village "Adolinanongo" sur une colline qui domine le fleuve, sur la rive nord de l'Ogooué, à l'emplacement actuel de l'hôpital Schweitzer, à l'embouchure du petit bras du fleuve appelé le "Rembo Mwango", face à ce qui est aujourd'hui l'île de Lambaréné. Cette position stratégique lui offre un controle absolu sur tout le trafic fluvial et il assoit sa position économique et attire les "Factories", ces maisons de commerce européennes qui font du troc avec les indigènes.
Sa mort en 1873, relance la conquête du pouvoir et les luttes intestines reprennent, mais la marine Française est déjà là. Elle remonte l'Ogooué à bord d'une cannonière qu'elle positionne face au village des chefs dont elle veut obtenir un traité d'allégence à la france. De plus les populations Fang, ultime vague des migrations Bantoues, approchent par le nord avec leur réputation de guerriers redoutables. Le désordre qui suis la mort de Nkombé, l'abscence d'un pouvoir fort, et cette menace qui vient du Nord pousse la quasi totalité des populations Galoas à s'installer sur la rive opposée, sur l'île de Lambaréné, qui offre plus de sécurité. Le village de Nkombé est laissé à l'abandon et ce n'est que plusieurs dizaines d'années plus tard que le docteur Albert Schweitzer, à la recherche d'un site pour fonder son second hôpital découvre sur une colline descendant sur le fleuve d'immense palmiers royaux, trace de la présence d'un ancien village et décide d'y installer son hôpital.
Le missionnaires français protestants qui l'ont accueilli à la mission protestante sur la colline de Kongwé sur la rive nord ou il a créé son premier hôpital y ont remplacé les missionnaires protestants américains qui ont fondé la mission, et dont le fondateur R. H. Nassau avait acceuilli Pierre Savorgnan de Brazza au départ pour son exploration des sources de l'Ogooué. C'est lors de la dernière expédition de De Brazza qu'est créé le poste administratif de Lambaréné, acte de naissance officiel de la ville.